28.09.2008

Au plus haut

Sacrifice au plus haut de tangible ne reste

que la décrépitude des jours et la débauche des nuits

mais je le savais déjà

que les artistes meurent aussi

sans rien perdre du poids

du sable dans leur sang.

27.09.2008

A mon usage

J'écris à mon usage un manuel

il s'appelle

comment s'effacer en un souffle

et les autres aussi.

 

En une leçon.

26.09.2008

Pharaon

J'irai vendre ce qu'il me reste

de mes histoires de loup solitaire

à ceux qui rôdent le soir

et que je croise dans trop de noir

parce que je suis ivre et très vieux.

 

J'irai creuser des tombeaux

dignes des pharaons déchus

qui mariaient leur soeur...

 

J'irai hurler à la mort

dans des couloirs sans fin

le mot justice très fort

et puis me pendrai à l'aube

de l'éternité la plus proche

la plus pure

la plus sobre.

25.09.2008

Anentropia

Politesse du déclin

polir la trahison

jusqu'à n'en plus sentir l'arête

coprophages indécis

battent des ailes sans un cri

élytre après litre

j'efface la soif

je suis assoiffé

 

Déconstruction de l'attente

à travers le carreau d'une vie

c'est Dorcus l'étoilé aux portes béantes

désertant l'écume de la fange –

j'ai vu des monarques de droit divin

ils ont tous lâché prise

murmure des airs dans le vent

qui veut croire qu'ils reviendront?

24.09.2008

La salle sans mots

Un recueil composé en 2006 et 2007, trop longtemps occulté. Il se trouve à présent ici.

Quelques poèmes tirés de ce dernier:

 


13. A propos d'oubli

A propos d'oubli

devant le réfrigérateur

se trouve mon

cadavre,

au cas où

je ne t'appelle pas.

 

 

30. Aimer

Jusqu'à mes rêves encore brûlants,

Bataillons de l'amour,

Jusqu'à mes rêves encore naissants,

Garnison des temples

De la mort.

Sur ma tempe

Un revolver

Glacé

Et un courant d'air,

Assez.

 

 

61. L'assassinat circulaire

Je glisse complice dans la nuit

cigarette pour la longue route

mascara sans cesse lucide

même plus possible de s'y perdre

cafards à piétiner au long des quais

un chat s'acharne sur un oiseau mort

des pas déserts connus d'avance

trottoir de sable d'or --

la mer ne remet plus à neuf

les plages désenchantées.

Vices et vertus

Et puis je suis parvenu

à l'antre-deux des miracles

m'étaient inconnus

leurs visages sans âge

et puis j'ai cru

être le premier à la porte.

 

Des vices agiles guettent

aux coins des rues inertes.

23.09.2008

Jours II

J'ai oublié qui je suis

dans le dédale des aujourd'hui.

 

Toussez, tellement semblables jours,

que je vous reconnaisse enfin

vous qu'au fil des années

je ne distingue plus qu'à peine.

 

Pourquoi à ce jeu des mille différences

mon reflet est si fort,

lui qui s'amuse de moi?

 

Ah! Lâche donc ce couteau,

il tremble.

 

Et vois plutôt comment ricochent contre ma complaisance

les flèches nouvelles

tandis que bêlent les cathédrales

pêle-mêle au hasard des villes concentriques

dont je suis les rues banales

où sont morts sous les pneus

mon âme et tous les cieux.

22.09.2008

Jours I

J'ai été aujourd'hui

tout comme hier

que passent les heures

en poudre de lumière

que j'en tamise les instants

pour garder les meilleurs

que je ne me lasse pas d'inscrire

mon nom monotone

sur la dalle des jours usés

trop stériles pour renaître

trop longs même pour s'aimer

que je pactise à l'amiable

avec les dieux de l'ennui

mais que je me refuse encore

à foutre le camp

sans un regard émerveillé

un pas de côté

vers plus d'inconnu

vers plus de mystère

 

Surtout ne plus m'abandonner à l'oubli

des jours routiniers

qui me brisent et qui pèsent

sur mon dos de vieillard

et ne plus regretter

les légions à l'aigle tombées

lors des antiques carnages

qui me collent au souvenir

d'un empire fantasmé

cuit encore et recuit

sous mes vêtements sales

que je ne peux plus enlever

sans arracher mon âme

et mes rêves fanés.

21.09.2008

Plus question de quitter

Je suis l'homme en noir des prédictions

le futile passant des rues amorphes

celui qui s'est égaré sur toute la ligne

celui qui a perdu le trésor de l'oubli

et ne peut plus s'endormir seul

le fragile adorateur de la mort de l'âme

factice et du sens saigné, à vif,

qui d'excès en excès ne trouve plus sur son visage

que traces vaines et sinueuses

striant son front cerclant ses yeux

qu'il ne ferme plus devant la beauté

d'un monde qu'il n'est même plus temps de quitter.

20.09.2008

Coffré

Pandore aux rayons
imagerie royale, monde à sonder,
le cargo crânien dévoilé selon
le code absolu. Quel avenir à voir,
tu meurs de savoir, tu brûles,
immobile au soleil
tu chauffes le vaisseau-corps.

Moi j'égare les graines, les gares je les égrène,
et le temps stérile s'effrite dans mes veines
mauvais génie au mauvais sang
apeuré devant son miroir exact
et incapable de sortir de sa boîte.

Toutes les notes