28.11.2009
0739
Le Saurer démarre
franchit le portail barbelé
des quarante vingt
s'allument
une cigarette
les canettes sortent
des poches munitions
Red Bull Trojka Energy Star
et marques locales
nous sommes assis dos à la route
sur nos sacs de combat
les F ass canon contre le plancher
entre les jambes
et les GT inconfortables
remontent et se frottent contre nos hanches
le soleil à l'arrière du véhicule
se lève anémiquement
il peint Fribourg de ternes couleurs
de sa lumière sans cesse renouvelée
à mesure qu'il se redresse
ensommeillé dans son grand lit
par-dessus l'autoroute
et la ZI
13:06 Publié dans RS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
28.09.2009
Mes putes
Mes putes
traînent leur spleen vaginal
en pornophoniques vagissements
en roseurs étalées
elles sont les vers qui sonnent justes
les poèmes qui font bien
elles sont l'amour à la mort
les fleurs déflorées
toute cette quête de blanches heures
sur les bottes de foin en aiguilles
et ces champs moissonnés
tels de longs visages imberbes
et que l'on caresse par des mots
dans le bon sens comme il faut
jusqu'au matin petit
où l'on tire la rosée
et j'enterre les voilées
ces choses mystérieuses
titubantes
béantes
bouches bées
et leurs insectes stériles
à qui l'on fait la cour
comme à des reines incomplètes
des puzzles inachevés
et pour mieux niveler
nos têtes jusqu'aux pieds.
11:27 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
16.09.2009
Egophobie
En-dehors du focus
les pièges au-delà du sens
par-devant l'image
par ailleurs perdue
quelques taches de gras
éparses et comme avares
quelques flaques
pluies larmes huiles
essentielles
et belles
et nulles
mes pellicules
ratées rapiécées blanches
livides photographies négatives
splendeur à la ramasse
pelles
époussoirs
carrelages
collégiales
vitrines des âmes
visages ô combien
dépensés
sans teint
egophobie des après-midi yeux brûlés
aux soleils vagues et lancinants
aux nuages fédérés en linceul
cafés inutiles
stériles vanilles
l'arôme de ces heures inmâchables
aux fumées trop pâles pour être vraies
vent apprenti, élève dépassant
le sublime des arbres effeuilleurs
vieilles filles de joie
les petits culs des nouvelles faces toutes inconnues
l'ostracisme des rentrées
inodores
invisibles
modernes
mon chant à la peine manque à toute chose
absent de marque non absent
démarqué
au rabais
hérétique
le difforme de seize heures tous voiles dessus
mariage de raison entre le vide et le creux
l'attrait lesbien des tristesses et des joies
la haute couture de mes lèvres
de cette bouche suturée
les défilés de modes opératoires
inopérants
en blocs volcaniques saturés et secrets
seize heures
quinze
le mystère est une enveloppe recommandée
et vide
que l'on garde pour preuve
un forfait un bal
usurpateur homicide
parricide
matricide
fratricide
régicide tyrannicide
liberticide
acide
assez
tu me bassines
me fatigues
m'érodes et m'uses et m'utilises
me dis-je
dans la beauté relative de seize vingt
et son décor lunaire
de béton et de pierre
mes pensées satellitaires
en fourgons postaux et voiries dépassées
l'industrie d'un poème en simili-vers
à la chaîne comme un chien à la niche
comme un éclair a son tonnerre
le laser son rayon
la ruche sa reine
et exceptions
faites d'indésirables enfants
on vous aime tous
et tout plein
tant d'affection dans de si petits corps
et morts de surcroît
que ça m'en flanquerait la trouille
provoquerait mon émoi
mais non
juillet août septembre et me voilà
aux cavernes d'ambre
sans retard
à la saison comme de coutume
loqueteux
incomplet
mais encore bien poli
merde
quel leurre est-il celui-là
je ne sais pas
divin carnaval
comédiens romains presqu'étrusques
étriqués et qui s'offusquent
et me démasquent
des masques et tout tombera –
il suffit d'un jour
aux maîtres de toujours –
hé excuse-moi excuse-moi
excuse-moi
excuse-moi de te déranger
excuse-moi
t'aurais pas deux balles
excuse-moi
quand n'aurais-je dû mentir
quand aurais-je dû parler
20:34 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
03.07.2009
Balcon des déserts
Et sur tous les tableaux
s'épanchaient bien des cygnes
leur sang à la traîne
sur ma banquise de chair
C'était l'été l'été lourd
et prêt à choir
une grande bascule une bassine
et mes tripes sur chaque trottoir
J'avais cette masse en tête
grouillante comme l'abandon d'un navire
et dont l'odeur lorsque s'ouvrait l'orifice
faisait penser à quoi disons à la mort
Précoce et presque sans douleur
l'horizon moite tel un creux
par-delà la barrière
du balcon de mes déserts
Car le soleil cuisait la peau
au matin incongru
il prenait chaque muscle
pour le réduire à la cendre
Et faisait sans un bruit
à l'exception de la route
mal ici ici à ce qui
n'a pas vraiment de nom à lui
11:24 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
02.07.2009
L'abscons
Le jour où les automobiles seront silencieuses
je n'entendrai plus rien venir
ceux ayant forgé mes songes alors sous les verrous
Ce sont ces royaumes au poil
qui engendrent au-delà des limites
les rêves qui demain ne seront qu'épaves
J'en veux de cet or
de ces instants comme les poèmes inutiles
et pourtant liés à l'arbre de toute vie
Ma mère était
Caspienne
le mimétisme émétique
et les livres à jeter
Tout ce plaisir dont ne reste
qu'un souvenir imbécile
l'affaissement dont mes jambes se souviennent
De la maison du passé c'est ce qui
fait mal qui parle le plus souvent
Muette la forteresse
aux faux airs innocents
jamais complets
Vitesse de croisière
litres au soir
et verres dessus
Lettres mortes filtrent le lent
le mou
l'abscons
Chaleur des journées sous le vent
la torpeur de cet été
comme un cadavre se raidissant
17:16 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
23.03.2009
Sans titre
Mouches à miel dans le ciel
au vinaigre
l'attraction
où que tu ailles
de nombril en nombril s'organise
la Résistance
tellement adroite
l'égoïsme au moindre recoin
des bâtiments de jute
la toile grossière
des vieux curés de rien
est-ce qu'on croit
à l'ombre
est-ce qu'on croit
toujours
la stabilité est la mort de l'âme
mais rend glorieuse
la vacuité d'un monde sans courses
et la vacuité pire d'un monde mis en bourse
au bilan dernier
la vie reste de merde.
11:37 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
07.03.2009
Nous II
Mon sexe mon gras
ma ferraille
mondes à bannir
l'idée d'un haut alpage
où errer toujours
en quête d'une désalpe
mais nous sommes déjà au fond de toutes choses
et de ce fond d'où l'on s'apitoie
sur notre non-sort
nous pleurons sur les tombes invisibles
à chaudes giclées stériles
que de sel enrobé de mots vains
que de selles
sous scellés je m'apprête
tu fais de même
et aux coffres, aux portes closes
désenchantés nous frappons
se répandre sur le sol froid
d'une autre chambre
celle des disparus
des suicidés
quel rêve vois-tu
aux souterrains d'asphalte
les trains de partout
foncent sur le sombre de nos cadavres
nous ne sommes plus du bord des vivants
et l'alcool à plein régime dans nos veines opalines
retourne à 180° nos yeux vides
nos mains ayant touché de trop près
nos absences imprécises
20:23 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
06.02.2009
Sans titre
Plus le prix des cigarettes s'élève
meilleures elles sont
oubliez ce qu'on vous a dit à propos de PIB, IDH, ISS
la nouvelle façon précise de mesurer
le développement des Nations
est la qualité du système répressif mis en place
contre le tabac.
09:40 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
24.01.2009
Sans titre
Si la lassitude a laissé une île saine
ou ce que je pourrais être tenté de nommer tel,
c'est mon sexe, aux rivages couverts d'algues,
et si la lassitude a sous sa coupe complète une citadelle,
ou ce que je pourrais être tenté de nommer tel,
c'est l'orgasme. L'orgasme me lasse
plus que ce que je ne peux en dire et me laisse
coquille vide, au seuil d'une tristesse
innommable, puisque sans nom. Quelle concession
que la mort accorde à la vie comme à regret.
12:21 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
18.01.2009
Sans titre
Pas facile à vivre le poète
qui de son cyanure tire à toute heure
sur l'ambulance du sommeil
elle amène sa dose d'obscur
à la lumière de l'éveil
lui noircit
quelques lignes inutiles
alors je fais mousser mes souvenirs
à la brosse à risette
quel sourire
il suffit de toute une vie
et la sensation d'avoir vécu pour toujours
pour toujours
14:45 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie