11.09.2008

Le phare d'ouest

Le recueil "le phare d'ouest" est disponible ici.

 

10.09.2008

Le grand balaiement

A mesure que s'égrènent les irréparables

je perds un pied après l'autre

dans la vase

dans la vague

et d'un grand balaiement

sans se concerter

nous ôtons le fruit des serments

nous ôtons l'aurore

aux enfants

qui dans leur lit de mystères

attendent leur maman

pour dire bonne nuit

pour dire adieu

09.09.2008

Sans titre

Cela ne s'arrêtera donc jamais

creuser la bouche qui chaque jour reçoit

sa peine, une pièce immense et vide,

et dans laquelle au long des rondes

s'accumule la poussière comme sur un livre fermé.

08.09.2008

Sans titre

Que le soir s'efface
reflue sur le sable sale, tapis rouge,
une procession passe.

07.09.2008

Sans titre

Des yeux poissons

du fond des fougères

j'ai l'impression

un serpent sortait de mon pénis

et s'enroulait aux lanières

d'une routine vermoulue –

j'avais un regard à la main morte

et du sable dans la trachée –

tousse, sentinelle, tousse

au coeur de la dernière tranchée.

 

06.09.2008

Sans titre

La longue agonie poursuivie
un essaim de futiles et des coupes
qui fouettent les faces enterrées

une grande carapace
appuie partout sur ma chair
j'ai beau hurler
je m'entends toujours

je nettoie la buée des périscopes
qui s'enfoncent ou s'affaissent

l'envol est l'arrivée
le départ est la trace
ma main
le chiffon qui efface.

05.09.2008

Sans titre

Alors au bois brûlé il faudra

retrouver la cabane de jade.

Je connais ces rives et les périls

j'ai presque tout vu si ce n'est

la vraie ruine et la mort

je n'en tire ni gloire ni réconfort

seulement l'absence de battement

dans la broussaille de mes veines

que je taille à la machette

pour voir plus loin

pour avancer

et dans la forêt de mes membres

j'ampute l'envol et retire

la main qui écrit mal.

04.09.2008

Sans titre

Sur les pavés des roses mortes

cruciformes et défaites

qui s'estompent dans la voix

de ceux qui parlaient autrefois.

03.09.2008

Sans titre

Étrange mandala

le clapotement loin de là

d'un songe sans garanties

et ma vie en otage

d'une autarcie poétique

une spirale creuse qui s'enfonce

comme un couteau

et mon pied dans la vase

 

Je médite les dernières du rire

comme un lâche

02.09.2008

Sans titre

Rapporter l'ange

à la racine

ronger l'os diminué

de mes halls de ferraille

aux lendemains de sciure

et d'un geste grandiloquent

ramener tout l'obscur

sur la structure de mes rêves –

dont l'empire, ayant englobé l'espace entier,

commence à le réduire.

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