03.07.2009

Balcon des déserts

Et sur tous les tableaux
s'épanchaient bien des cygnes
leur sang à la traîne
sur ma banquise de chair

C'était l'été l'été lourd
et prêt à choir
une grande bascule une bassine
et mes tripes sur chaque trottoir

J'avais cette masse en tête
grouillante comme l'abandon d'un navire
et dont l'odeur lorsque s'ouvrait l'orifice
faisait penser à quoi disons à la mort

Précoce et presque sans douleur
l'horizon moite tel un creux
par-delà la barrière
du balcon de mes déserts

Car le soleil cuisait la peau
au matin incongru
il prenait chaque muscle
pour le réduire à la cendre

Et faisait sans un bruit
à l'exception de la route
mal ici ici à ce qui
n'a pas vraiment de nom à lui

02.07.2009

L'abscons

 

Le jour où les automobiles seront silencieuses

je n'entendrai plus rien venir

ceux ayant forgé mes songes alors sous les verrous

 

Ce sont ces royaumes au poil

qui engendrent au-delà des limites

les rêves qui demain ne seront qu'épaves

 

J'en veux de cet or

de ces instants comme les poèmes inutiles

et pourtant liés à l'arbre de toute vie

 

Ma mère était

Caspienne

le mimétisme émétique

et les livres à jeter

 

Tout ce plaisir dont ne reste

qu'un souvenir imbécile

l'affaissement dont mes jambes se souviennent

 

De la maison du passé c'est ce qui

fait mal qui parle le plus souvent

 

Muette la forteresse

aux faux airs innocents

jamais complets

 

Vitesse de croisière

litres au soir

et verres dessus

 

Lettres mortes filtrent le lent

le mou

l'abscons

 

Chaleur des journées sous le vent

la torpeur de cet été

comme un cadavre se raidissant