24.01.2009

Sans titre

Si la lassitude a laissé une île saine
ou ce que je pourrais être tenté de nommer tel,
c'est mon sexe, aux rivages couverts d'algues,
et si la lassitude a sous sa coupe complète une citadelle,
ou ce que je pourrais être tenté de nommer tel,
c'est l'orgasme. L'orgasme me lasse
plus que ce que je ne peux en dire et me laisse
coquille vide, au seuil d'une tristesse
innommable, puisque sans nom. Quelle concession
que la mort accorde à la vie comme à regret.

18.01.2009

Sans titre

Pas facile à vivre le poète

qui de son cyanure tire à toute heure

sur l'ambulance du sommeil

elle amène sa dose d'obscur

à la lumière de l'éveil

lui noircit

quelques lignes inutiles

 

alors je fais mousser mes souvenirs

à la brosse à risette

quel sourire

il suffit de toute une vie

et la sensation d'avoir vécu pour toujours

pour toujours

 

08.01.2009

Sans titre

Je me sens comme un chien sans maître un maître sans chien
démâté
prendre la mesure de l'automne au-dessus de mes forces s'effritant
en parfaits coléoptères ravissant les moissons

la balance se fait lourde sur le coeur
c'est un scorpion dont le dard en un aller-retour très lent
perfore la poche céleste de mon regard trouble
et creux à la fois la fibre de la poupe

la croupe est un désert parsemé d'épars
l'étrave entravée dans un banc de récifs
est une histoire sans reproches
sans naufrage

et du plus loin que ma voix porte je dicte de mémoire
la lumière d'un jour aux feuilles à la dorure périmée
et qui de l'autel sacrificiel ont glissé
parfaits coléoptères ravissant l'horizon.

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