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29.09.2008
Sans titre
Des conquistadors veulent me voir. Je les attends
au beau milieu de la jungle, luxure riante,
brillance sans teint qui s'éloigne en vaine fuite.
Dans mes bras tendus le prisme de mes terreurs
est une verge. Etre à l'étroit du très moite,
puis, tels les yeux percés écoulant leur or
en douce, répandre ce fumier comme du miel
sur la grande plaie du ciel. La trouée entre les
arbres est un puits de marbre. J'en contemple l'éclat
des mains, tente d'en tâter la totalité --
la lécher et du haut de sa lascivité
elle me parlera comme l'on parle à un chien.
13:22 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
28.09.2008
Au plus haut
Sacrifice au plus haut de tangible ne reste
que la décrépitude des jours et la débauche des nuits
mais je le savais déjà
que les artistes meurent aussi
sans rien perdre du poids
du sable dans leur sang.
06:00 Publié dans Carnets d'orage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, recueil
27.09.2008
A mon usage
J'écris à mon usage un manuel
il s'appelle
comment s'effacer en un souffle
et les autres aussi.
En une leçon.
06:00 Publié dans Carnets d'orage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, recueil
26.09.2008
Pharaon
J'irai vendre ce qu'il me reste
de mes histoires de loup solitaire
à ceux qui rôdent le soir
et que je croise dans trop de noir
parce que je suis ivre et très vieux.
J'irai creuser des tombeaux
dignes des pharaons déchus
qui mariaient leur soeur...
J'irai hurler à la mort
dans des couloirs sans fin
le mot justice très fort
et puis me pendrai à l'aube
de l'éternité la plus proche
la plus pure
la plus sobre.
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25.09.2008
Anentropia
Politesse du déclin
polir la trahison
jusqu'à n'en plus sentir l'arête
coprophages indécis
battent des ailes sans un cri
élytre après litre
j'efface la soif
je suis assoiffé
Déconstruction de l'attente
à travers le carreau d'une vie
c'est Dorcus l'étoilé aux portes béantes
désertant l'écume de la fange –
j'ai vu des monarques de droit divin
ils ont tous lâché prise
murmure des airs dans le vent
qui veut croire qu'ils reviendront?
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24.09.2008
La salle sans mots
Un recueil composé en 2006 et 2007, trop longtemps occulté. Il se trouve à présent ici.
Quelques poèmes tirés de ce dernier:
13. A propos d'oubli
A propos d'oubli
devant le réfrigérateur
se trouve mon
cadavre,
au cas où
je ne t'appelle pas.
30. Aimer
Jusqu'à mes rêves encore brûlants,
Bataillons de l'amour,
Jusqu'à mes rêves encore naissants,
Garnison des temples
De la mort.
Sur ma tempe
Un revolver
Glacé
Et un courant d'air,
Assez.
61. L'assassinat circulaire
Je glisse complice dans la nuit
cigarette pour la longue route
mascara sans cesse lucide
même plus possible de s'y perdre
cafards à piétiner au long des quais
un chat s'acharne sur un oiseau mort
des pas déserts connus d'avance
trottoir de sable d'or --
la mer ne remet plus à neuf
les plages désenchantées.
17:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, recueil
Vices et vertus
Et puis je suis parvenu
à l'antre-deux des miracles
m'étaient inconnus
leurs visages sans âge
et puis j'ai cru
être le premier à la porte.
Des vices agiles guettent
aux coins des rues inertes.
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23.09.2008
Jours II
J'ai oublié qui je suis
dans le dédale des aujourd'hui.
Toussez, tellement semblables jours,
que je vous reconnaisse enfin
vous qu'au fil des années
je ne distingue plus qu'à peine.
Pourquoi à ce jeu des mille différences
mon reflet est si fort,
lui qui s'amuse de moi?
Ah! Lâche donc ce couteau,
il tremble.
Et vois plutôt comment ricochent contre ma complaisance
les flèches nouvelles
tandis que bêlent les cathédrales
pêle-mêle au hasard des villes concentriques
dont je suis les rues banales
où sont morts sous les pneus
mon âme et tous les cieux.
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22.09.2008
Le premier de solitude
Lorsque la nuit retombe
le jour ayant épuisé son crédit
et que les feuilles, soufflées
par le vent de la nuit,
ne savent plus pourquoi
ni comment
je remue la douleur
(les débris de la vie
pataugent au fond d'un verre)
Première promenade nocturne
sans toi
sans le poids du malheur malade
sans le poids du bonheur
j'ai envie de te serrer fort
je ne peux pas
j'ai peur
il faut cette distance de nos coeurs
pour revoir la couleur
à l'horizon
ressentir la douceur de l'air
sur le chemin
le poumon pur
sans cette limaille d'amour
cette plaie qui suppure
guérira sans ta main
qui l'enveloppait d'une étoffe
semblable à la mort
et la chérissait
sur mon ordre insistant
vaguement dissimulé par l'apparente
soumission de mon être
je guérirai
au long des danses vacillantes
des faux chants de victoire
des routes pavées de lames
l'écaille du mal
je guérirai
et toi de ton côté
seule avec tes fautes
et les miennes
tu croiras perdre la vie
à raison
puis au sortir d'une ruelle
très longue et sale
que tu auras crue interminable
éternelle
tu riras
alors dans les ciels
les grands oiseaux de l'amour
reviendront à tire-d'aile
et de nos cendres ressassées
trop longtemps et trop mal
malaxées sous nos mains désireuses
de connaître le vrai fond
d'accomplir le rituel
de nos sexes débordant
nous ferons un diamant
je reviendrai
tu seras là
rien ne s'efface sous le chiffon
de tes larmes --
et des miennes
tapies derrière le masque épais et froid
de l'homme désincarné
contemplant de sa tour
l'étroite distance
calculant l'espace à mettre
entre nos corps aimantés
voulant encore
comme les pièces d'un puzzle
s'encastrer --
rien ne s'efface et nous saurons
retrouver le fil de notre amour
j'y crois
il sera temps
nous accrocherons nos vêtements
à la haute patère du soleil
et nus nous reprendrons
nos ébats
à l'instant même où nous avions
suspendu cet envol
sans accroc dans la toile
de ce qui semble être
le destin
aujourd'hui il ordonne
que je lâche ta main
et marche seul, loin
mais je reviendrai
et tu seras là
rien ne s'efface sous le chiffon
de tes larmes et des miennes
car je t'aime et ce n'est pas
quelques barrières chichement dressées
quelques subtils détours
qui m'empêcheront de revenir
placer mes pas dans ta course
et toi aussi
tu guériras
hamster doré
la plus grande part
de ma joie
tu guériras
tu guériras
et si je devais faillir
ce ne serait qu'un mauvais rêve
rappelle-toi
l'effort à faire
les nuits de poix
tu balayeras
ces fragments froids
tu sauras
prendre la chance
de devenir...
et je reviendrai
car tu seras là
et nous saurons poursuivre
le fil de notre amour
tressé de flammes
et si je me trompe
qu'importe
la vie
10:28 Publié dans Katarta | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture
Jours I
J'ai été aujourd'hui
tout comme hier
que passent les heures
en poudre de lumière
que j'en tamise les instants
pour garder les meilleurs
que je ne me lasse pas d'inscrire
mon nom monotone
sur la dalle des jours usés
trop stériles pour renaître
trop longs même pour s'aimer
que je pactise à l'amiable
avec les dieux de l'ennui
mais que je me refuse encore
à foutre le camp
sans un regard émerveillé
un pas de côté
vers plus d'inconnu
vers plus de mystère
Surtout ne plus m'abandonner à l'oubli
des jours routiniers
qui me brisent et qui pèsent
sur mon dos de vieillard
et ne plus regretter
les légions à l'aigle tombées
lors des antiques carnages
qui me collent au souvenir
d'un empire fantasmé
cuit encore et recuit
sous mes vêtements sales
que je ne peux plus enlever
sans arracher mon âme
et mes rêves fanés.
06:00 Publié dans Carnets d'orage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, recueil