31.08.2008
Sans titre
J'imagine l'alibi à l'affût
j'imagine son ombre qui se noie
j'imagine le ressac du couchant
les parures branlantes d'un murmure suspendu
qui se détachent des parois dorées d'une fin de jour
j'imagine le joueur qui renonce
et couche ses cartes d'un geste
tel le soleil qui derrière les sommets
s'enfuit
tandis que sur le lac se retirent les reflets
qui soulagent et soulèvent les trésors
et emportent mon âme sombrante.
06:00 Publié dans Le phare d'ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, recueil
30.08.2008
Sans titre
Je m'écorche à des lignes de fuite
fragments arides qui attirent au désert
le jade des jours
la sciure des perles que l'on retire
au collier du ciel
trône percé où glissent en vrac
mes pensées défaites --
un sacre bref et l'attente
de ton corps qui ramène
l'or à la nuit
sur le boulier.
09:31 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
Sans titre
Il y a un serpent ici
contre le courant
nos murs d'hermétique
montre-moi les heures étalées
l'abandon des parois
de toi la vision l'antique
celle de l'arbre complexe --
retourner à plus de tourbe
l'amour pour la foudre
pour la vie avant la mort
pour la longue courbe.
09:29 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
Atélique
il y a du vent dans mes cendres
et mes chaînes claquent
l'emprise, de tout son long
s'étend sur le lac,
la noyade, de toutes mes forces
et l'armée en pleurs
se retire et racle
mes os
j'aurais voulu
j'aurais voulu
mais ma main malade
supprime ce qu'elle tient
06:00 Publié dans Le phare d'ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, recueil
29.08.2008
Comptine IV
A la rescousse des radieux
le pillard qui détrousse
notre monde infime
la courbe de nos yeux
le corps cambré invisible
et la poudre au coeur
tu lisais l'indicible
tu buvais la sueur
et de wagon en wagon
le papier épongeait
le sel de mon front
les mauvais sujets
et l'homme ahanait
sous son lourd fardeau
un peu de baume épais
aux clients des cargos.
14:12 Publié dans Katarta | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
Comptine III
La chaleur découvre des heures
oubliées
ici c'était le voyage
et là l'apnée
tu te souviens de ces pas
que tu croyais révolus
mais dans la cendre de ton crâne
tu filtres encore la mémoire
et parmi les cadavres de mouches
sous les néons frigides
il y a ce regard
celui dans le vide
et dans la vague de sueur
tu mets à jour
ce qui te faisait peur
et que tu aimes toujours.
14:10 Publié dans Katarta | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
Comptine II
Les heures désaxées
pirouettes et châteaux de cartes pervers
fin d'après-midi des tortures
ma visite de la tour
l'herbe du jardin malaisé
la coupure d'une toupie
la roue tourne
en cette fin de partie
le silence des voitures
sans un heurt sans accroc
un échange de fous
et cette canaille d'escroc
ce qu'on a payé d'avance
et qu'on n'aura pas
une erreur d'appréciation
un petit doute.
14:08 Publié dans Katarta | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
Comptine I
Sur les rochers d'un exil clos
s'étalent les flots endiablés
mille marées dans les reins
et une cage de lumière
tu battais la campagne tu battais
plus loin encore
et les bottes de foin
défilaient sans effort
le train allait sans éclair
juste la somme des chemins
l'oeil clignait et le coeur
fronçait l'air de mes mains
au-delà des champs le lac
la plus belle des comptines
l'obscurité sur les brins
d'herbe qui s'affinent.
14:05 Publié dans Katarta | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
Et moi qui croyais
De sottes sirènes sifflent pour moi
aux yeux des ambulances
des brancardiers de fortune
s'arrachent à la nuit et m'étripent
de leur étreinte silencieuse
d'une main distraite
et moi qui croyais
que sans douleur cela allait aller
la désolation des verbes
un chant lointain qui déconstruit
l'infini du monde
une marée d'impossibles fragiles
battre le fer pendant qu'il est encore beau
et moi qui croyais
que sans douleur cela allait aller
la manipulation réside
en l'indicible contrainte --
prendre le temps de soumettre l'envol
pour retirer du feu un plaisir de braise --
se fera cendre dans l'oeil
sera bientôt lavé
et moi qui croyais
que sans douleur cela allait aller
08:18 Publié dans Les lettres de jade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
Sans titre
Le souffle s'est tu
aux souterrains d'angoisse où versent
les charrues
au travers de feux répétés
le perroquet doré draine
le sang de la plume
une gravière sous mon silence
qui darde
devine
devine
06:00 Publié dans Le phare d'ouest | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, recueil